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Le Lille secret Street Art Trucs vraiment cool Vieux Lille

Quand De Gaulle renaît dans les rues de Lille

Parmi les personnages les plus célèbres que Lille a vu naître, il y en a un sur lequel il est difficile de faire l’impasse tant il a marqué l’histoire moderne de notre pays. Si son nom est souvent prononcé, son origine Lilloise n’est pas si connue que ça du grand public. Sa maison natale située dans le fin fond du Vieux-Lille était alors l’une des seules traces visible dans la ville.

Jusqu’au jour ou commence à fleurir sur les murs de la ville des collages de son profil. Si nous avons presque tous découvert sa silhouette à travers des archives en noir et blanc, il renaît ici dans une version street art, remasterisée à coups de lettrage et de couleurs acidulées.

Persuadé qu’il existe un lien entre ce projet artistique et Lille, je pars à la recherche du street artiste qui en est à l’origine. En recoupant les pièces de son puzzle disséminées aux quatre coins de la ville, je découvre d’autres formes, d’autres couleurs mais toujours une même signature : MISTER P.

Il partage ce trait commun des street artistes, une discretion, un mystère qui me fascine et qui me donne encore plus envie de lui poser mille questions. Rencontre avec l’un des designers secrets de notre ville.

 

La première fois que j’ai vu la tête de De Gaulle collée sur un mur de Lille c’était en 2011, quand est-ce que le projet Mister P a commencé et a t-il démarré sur Lille ?

Le projet Mister P a démarré en 2008,  par le premier collage du général à la Ciotat dans le sud de la france.

 

A quoi Mister P fait-il référence ?

Mister P n’a aucune connotation en particulier, j’ai juste conservé la première lettre de mon nom de graffeur d’antan.

 

S’agit-il de ton premier projet street art, es-tu passé par le graff avant ? 

Ce n’est pas mon premier projet sreet art, je suis effectivement passé par une longue période de graffiti d’abord accompagné puis seul avant de me tourner vers le street art moins illégal.

 

Pourquoi avoir choisi entre autre le portrait de De Gaulle ? Y a t-il un lien avec le fait qu’il soit originaire de Lille ? 

Oui, tout à fait, c’est en majeure partie la raison pour laquelle j’ai choisi cet icône mais aussi car la propagande de 68 a été une source puissante d’inspiration même si je n’ai pas vécu ces événements, et ça reste pour moi une icône de la résistance malgré les controverses.

 

A t-on une chance de voir un portrait émerger à proximité de sa maison natale, rue Princesse ?

Oui pourquoi pas, j’ai déjà collé aux alentours. C’est tout à fait envisageable, d’autant plus qu’il y a un mur, au croisement de la rue du Beguinage qui m’intéresse beaucoup, d’ailleurs si la ville de Lille veut me faire un petit cadeau je suis preneur pour faire une peinture.

 

Que représentent les autres personnages de mister P (Moustachu à lunettes, moustachu sans lunettes, femme au chapeau) ? 

Ce sont des personnages de mon imagination ou de dessins basés sur des personnes rencontrées lors de voyage… (Moustachu à lunettes rencontré au Portugal). Les « vieilles » affiches, pubs, etc sont aussi des sources d’inspiration pour moi. Je m’intéresse également beaucoup aux effets de mode et prête une grande attention à ce que je vois autour de moi.

PHOTOS

Qu’est-ce qui définirai le mieux le style Mister P ? Les couleurs, le collage, les formes, le dessin ? 

Un style simple, peut-être issu de mon humeur positive d’où les couleurs vives.

 

A travers ce projet quel message veux-tu faire passer ?

Je n’ai pas de messages politiques ni autre, j’exprime parfois mon mécontentement sur certaines choses mais je fais ça par passion c’est ce qui guide mes actes et rythme mon art.

 

A Lille, quels sont tes endroits/surfaces préférés pour poser tes oeuvres?

A Lille, mes endroits de prédilection sont les murs du centre et du vieux Lille, quartier qui bouge et qui accroît donc ma visibilité auprès des passants. J’aime quand je tombe sur des photos de mes collages sur internet (réseaux sociaux…), c’est pour moi une façon de voir que je touche quelques personnes.

 

Que penses-tu du street art à Lille ? Y a t-il d’autres projets qui t’inspirent ?

Pour moi, le street art à Lille n’est pas assez développé. D’ailleurs, je trouve que la ville de Lille déploie trop de moyen pour effacer les marques de nos passages, comparé à des pays où le sreet art est sollicité (Angleterre entre autre). C’est pour cela que j’encourage toute personne voulant travailler dans la rue à le faire.

Tu comptes exposer ton travail dans les mois qui viennent ? 

La première fois que j’exposerais mon travail sera le 27 avril dans le cadre de la biénale d’art urbain à Lille chez l’atelier d’édition populaire d’Alain Buyse (plus d’informations ci-dessous).

 

Peut-on suivre ton travail sur le web ?

Oui, en particulier sur les réseaux sociaux page facebook, instagram, flickr.

 

Article et interview réalisé en avril 2013.
Photos Basile Beaugendre, Mister P. 

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L’ombre du pont Napoléon

Si vous êtes déjà passé par l’esplanade vos yeux se sont surement arrêtés sur ces quelques marches d’un escalier qui ne mènent nulle part. Ces pierres nous rappellent que Lille est remplie de trésors d’architectures, parfois restaurés, parfois abandonnés.

Et pour cause ces vestiges sont ceux du Pont Napoléon, construit il y a plus de 200 ans pour célébrer la gloire de l’empire Français. Il amorçait alors une politique d’aménagement de la façade de l’esplanade et du champ de Mars, devenus lieux de divertissements et sorties dominicales. Son architecte, le Lillois Benjamin Joseph Dewarlez, avait conçu un pont de style néo-égyptien tout en tenant compte des particularités du climat de la région, puisqu’il s’agissait du premier pont couvert pour piétons en Europe. L’édifice était alors orné de sphinx, qui eux n’ont pas résisté au passage du temps.

Mais si la partie la plus utile du pont a disparue, ce n’est pas du aux outrages du temps mais à ceux de l’histoire. A la fin de la première guerre mondiale, les allemands en retraite vont dynamiter la passerelle. Ils auront également pris soin auparavant d’effacer les victoires Françaises à leur encontre (ou celles de leurs alliés) sculptées sur chaque faces des quatre colonnes du pont. Ces marques sont encore visibles aujourd’hui.

Les ruines du pont au lendemain de sa destruction


Le pont Napoléon vu du champ de Mars

 

A gauche la victoire d’Austerlitz martelée, à droite la mention de Fleurus est encore intacte

Après la guerre le pont sera reconstruit partiellement pour l’exposition internationale de Lille en 1920. Mais en 1944 il sera à nouveau détruit par les Allemands et restera dans cet état jusqu’à présent. Depuis tous les projets de reconstruction sont eux aussi tombés à l’eau. Cependant un nouveau projet de réaménagement de la citadelle et du champ de Mars est en cours et il inclut la reconstruction/rénovation du pont Napoléon. Même si pour l’instant le projet n’est pas encore concret, il reste le meilleur espoir de voir renaître cet édifice et le divertissement au champ de Mars.

Quant à l’architecte Dewarlez, la plupart de ses autres constructions ont également été détruites, il laissera néanmoins dans son héritage le conservatoire de musique, place du concert.

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La maison hantée de la rue Saint-Jacques

19 Octobre 2012, c’est mon anniversaire et je suis à quelques milliers de kilomètres de Lille, en échange Universitaire dans le Nord de la Louisiane. Détaché du blog et de l’actualité de ma ville d’origine par ces circonstances, mes yeux s’arrêtent pourtant sur un tweet que j’ai peine à croire « Un homme mort depuis 15 ans retrouvé à Lille » . En lisant les articles qui relatent cette incroyable fait d’apparence divers, ma première réaction est la même que la plupart des lecteurs : comment personne n’a pu se rendre compte d’une chose pareille ?  Puis, en recoupant les informations, je me rends compte d’une effroyable vérité, « la maison de la momie » qui se trouve au 9 rue Saint-Jacques, je la connais bien.

Photo maison 9 Rue Saint Jacques

Dans mon enfance je suis passé des centaines de fois devant cette maison, sans jamais vraiment y porter attention, et pour cause elle se trouvait sur le chemin que j’empruntais matin et soir pour me rendre et revenir de l’école. Pire encore, la maison mitoyenne est occupée par Maitre Chevane, la mère d’un des meilleurs amis de mon grand frère. J’ai donc passé des après-midi avec mon frère à m’amuser dans cet hôtel particulier, sans me douter une seule seconde que de l’autre côté du mur se trouvait le cadavre d’un homme en décomposition.

Pourtant les voisins s’étaient plaints depuis plus de dix ans de l’état de cette maison Art déco qui provoquait des problèmes d’infiltration. C’est l’équipe des IMR – Immeubles Menaçant Ruine – qui va donc découper le volet vert de cette maison sarcophage pour découvrir la première partie d’une histoire aussi mystérieuse qu’incroyable.

Crédit photo : Weo

Dans la chambre, les agents de l’IMR découvrent un squelette vêtu d’un pyjama gris, les bras tombant de part et d’autre du lit étroit sur lequel il est allongé depuis plus d’une décennie. La chambre est rangée, avec pour seul indice,  une bassine au pied du lit contenant un dépôt marron. Celle-ci indiquerait que l’homme est probablement mort en vomissant, malade ou empoisonné.

Les dernières lettres datant de 1997, qui s’entassent de l’autre côté de la porte d’entrée, s’adressent à un certain Alberto Rodriguez. Deux mois après la découverte du cadavre, la police confirmera qu’il s’agit bien du même homme. Né le 7 Août 1921 à Santander en Espagne, il est arrivé à Lille après la seconde guerre mondiale, fuyant les violences de sa région d’origine et coupant les ponts avec l’ensemble de sa famille. Sa famille Espagnole le croît mort avant d’avoir atteint la France. En 1970 son décès est acté en Espagne alors que l’homme vit à Lille depuis 1948 en tant que « peintre-décorateur-vitrier« .

Alberto Rodriguez n’est pas marié, n’a pas d’enfant mais il est très riche !

Détenteur d’un trésor qui prends de la valeur même après sa mort : un parc immobilier. En plus de sa résidence de trois étages aux volets verts, il était également détenteur d’une autre maison située non-loin au 3 rue des Patiniers, d’un immeuble de 362 mà Fives et d’un autre en région Parisienne. Ces biens, il les doit au testament de Lucie Chanat, une veuve de la madeleine qui était de quarante ans son ainée. Quels liens unissaient ces deux personnages pour qu’elle décide d’en faire son unique héritier ? Certains parlent d’Amour, d’autres d’adoption, le mystère se creuse.

Dernière piste irrésolue, un acte de vente de la maison de la rue Saint-Jacques a été rédigé le 30 Avril 1991. Alberto souhaitait apparemment vendre sa résidence  à une acheteuse allemande du nom de Lejeune-Wermer, habitant à l’époque rue du Pont-Neuf. Celle-ci aurait attendu en vain chez le notaire la signature finale du peintre espagnol. Etait-il déjà mort ? Impossible de le savoir. Quant à l’acheteuse, personne n’a réussi à retrouver sa trace.

1er étage rue saint jacques

Toutes les pistes de cette histoire invraisemblable sont enveloppées par un voile de mystères, qui en font un scénario digne d’un roman dont personne ne connait encore la fin. Ce qui est sur, c’est qu’avant de mourir, le protagoniste de cette histoire à probablement laissé un trésor lié à la vente de deux de ses biens pour payer les 60% de droits de successions de l’époque. Le solde est comme vous vous en douterez, jusqu’ici introuvable, mais il permet au moins de donner une nouvelle dimension au nom de ce blog.

Article publié pour la première fois en Avril 2013

Bar Fives Le Lille secret Restaurant Vieux Lille

Sur les pas des mousquetaires, en buvant de la bière

Vous ne le savez peut-être pas mais d’Artagnan (Mousquetaire héros du récit d’Alexandre Dumas « les Trois mousquetaires ») a vraiment existé, mieux il à même vécu à Lille. Je suis donc parti sur ses traces à travers toute la ville, pour finir étonnamment dans les bars de Lille ! Enquête !

Commençons par le commencement, les faits :

Charles de Batz-Castelmore, comte d’Artagnan, (qu’on appellera simplement d’Artagnan) était un militaire au service du Roi Louis XIV. D’Avril à Décembre 1672 il sera nommé Gouverneur de Lille en remplacement. C’est à cette époque (5ans après que Lille devienne Française) que la ville se fortifie avec la citadelle, les remparts,etc…

D’Artagnan selon la légende aurait vécu dans plusieurs endroits durant son intérim :

Rue Royale dans ce qui est aujourd’hui l’évêché de Lille (en face de la banque de France)

Evêché de LilleEvêché de Lille 2

Rue Grande Chaussée, l’emplacement actuel de « La botte chantilly » aurait été son hôtel particulier.

La Botte Chantilly - Rue Grand ChausséeLa Botte Chantilly - Appartements

– Dans la Citadelle Vauban, ou il se serait même « querellé » (embrouille du XVIIème siècle)  avec le Vauban en question, ingénieur des fortifications.

Entrée principale de la Citadelle

Photo : Felix Krohn

D’Artagnan n’a donc pas eu la chance d’avoir un quartier à son nom comme son pote Vauban, mais une toute petite (mais belle) rue du quartier de Fives. Cette rue donnant d’ailleurs sur la place Alexandre Dumas.

                         

Les autres traces se rapprochent elles-mêmes plus de la fiction d’Alexandre Dumas, puisqu’il s’agit des Bars le Porthos et le Square d’Aramis situé dans le Vieux-Lille.

Porthos est donc le patronyme d’un des trois mousquetaires, du Roman du même nom (Il y avait Athos, Porthos et Aramis).
L’établissement qui lui rends hommage, se situe au beau milieu de la rue de la monnaie. L’endroit, une pure bâtisse « made in vieux-lille » est mélangé avec audace à une couleur rose omniprésente. L’ambiance est chaleureuse, le service est bon, ils disposent d’une belle carte de vins, des amuses bouches servis avec votre verre, mais que demande le peuple ?
Des petits plats ? Et bien c’est aussi sur la carte !

Pour en revenir à nos mousquetaires, une petite anecdote pour faire le malin quand vous boirez un verre là-bas :  Le symbole du bar représente de façon très abstraite un mousquetaire avec son fleuret  (pas évident au premier coup d’œil).

Vient ensuite le Square d’Aramis, situé non loin de son frère jumeau, au commencement de la Rue Basse. Dans une ambiance rétro assez réussi, il se démarque par sa devanture entièrement ouverte lors des beaux jours.

En vous arrêtant dans ces lieux pour y savourer une bière, vous sentirez, avec un peu de chance, la présence de ces personnages de l’histoire, immortalisés par la légende.