La maison hantée de la rue Saint-Jacques

19 Octobre 2012, c’est mon anniversaire et je suis à quelques milliers de kilomètres de Lille, en échange Universitaire dans le Nord de la Louisiane. Détaché du blog et de l’actualité de ma ville d’origine par ces circonstances, mes yeux s’arrêtent pourtant sur un tweet que j’ai peine à croire « Un homme mort depuis 15 ans retrouvé à Lille » . En lisant les articles qui relatent cette incroyable fait d’apparence divers, ma première réaction est la même que la plupart des lecteurs : comment personne n’a pu se rendre compte d’une chose pareille ?  Puis, en recoupant les informations, je me rends compte d’une effroyable vérité, « la maison de la momie » qui se trouve au 9 rue Saint-Jacques, je la connais bien.

Photo maison 9 Rue Saint Jacques

Dans mon enfance je suis passé des centaines de fois devant cette maison, sans jamais vraiment y porter attention, et pour cause elle se trouvait sur le chemin que j’empruntais matin et soir pour me rendre et revenir de l’école. Pire encore, la maison mitoyenne est occupée par Maitre Chevane, la mère d’un des meilleurs amis de mon grand frère. J’ai donc passé des après-midi avec mon frère à m’amuser dans cet hôtel particulier, sans me douter une seule seconde que de l’autre côté du mur se trouvait le cadavre d’un homme en décomposition.

Pourtant les voisins s’étaient plaints depuis plus de dix ans de l’état de cette maison Art déco qui provoquait des problèmes d’infiltration. C’est l’équipe des IMR – Immeubles Menaçant Ruine – qui va donc découper le volet vert de cette maison sarcophage pour découvrir la première partie d’une histoire aussi mystérieuse qu’incroyable.

Crédit photo : Weo

Dans la chambre, les agents de l’IMR découvrent un squelette vêtu d’un pyjama gris, les bras tombant de part et d’autre du lit étroit sur lequel il est allongé depuis plus d’une décennie. La chambre est rangée, avec pour seul indice,  une bassine au pied du lit contenant un dépôt marron. Celle-ci indiquerait que l’homme est probablement mort en vomissant, malade ou empoisonné.

Les dernières lettres datant de 1997, qui s’entassent de l’autre côté de la porte d’entrée, s’adressent à un certain Alberto Rodriguez. Deux mois après la découverte du cadavre, la police confirmera qu’il s’agit bien du même homme. Né le 7 Août 1921 à Santander en Espagne, il est arrivé à Lille après la seconde guerre mondiale, fuyant les violences de sa région d’origine et coupant les ponts avec l’ensemble de sa famille. Sa famille Espagnole le croît mort avant d’avoir atteint la France. En 1970 son décès est acté en Espagne alors que l’homme vit à Lille depuis 1948 en tant que « peintre-décorateur-vitrier« .

Alberto Rodriguez n’est pas marié, n’a pas d’enfant mais il est très riche !

Détenteur d’un trésor qui prends de la valeur même après sa mort : un parc immobilier. En plus de sa résidence de trois étages aux volets verts, il était également détenteur d’une autre maison située non-loin au 3 rue des Patiniers, d’un immeuble de 362 mà Fives et d’un autre en région Parisienne. Ces biens, il les doit au testament de Lucie Chanat, une veuve de la madeleine qui était de quarante ans son ainée. Quels liens unissaient ces deux personnages pour qu’elle décide d’en faire son unique héritier ? Certains parlent d’Amour, d’autres d’adoption, le mystère se creuse.

Dernière piste irrésolue, un acte de vente de la maison de la rue Saint-Jacques a été rédigé le 30 Avril 1991. Alberto souhaitait apparemment vendre sa résidence  à une acheteuse allemande du nom de Lejeune-Wermer, habitant à l’époque rue du Pont-Neuf. Celle-ci aurait attendu en vain chez le notaire la signature finale du peintre espagnol. Etait-il déjà mort ? Impossible de le savoir. Quant à l’acheteuse, personne n’a réussi à retrouver sa trace.

1er étage rue saint jacques

Toutes les pistes de cette histoire invraisemblable sont enveloppées par un voile de mystères, qui en font un scénario digne d’un roman dont personne ne connait encore la fin. Ce qui est sur, c’est qu’avant de mourir, le protagoniste de cette histoire à probablement laissé un trésor lié à la vente de deux de ses biens pour payer les 60% de droits de successions de l’époque. Le solde est comme vous vous en douterez, jusqu’ici introuvable, mais il permet au moins de donner une nouvelle dimension au nom de ce blog.

Article publié pour la première fois en Avril 2013

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>